12/08/2013

Shops de stations-service: Voilà ce que nous empêcherons en votant «non»

Le 22 septembre, nous nous prononçons sur l’ouverture 24h/24 des échoppes («shops») de stations-service situés le long de certains axes routiers. Cette flexibilisation des horaires de travail, uniquement destinée à satisfaire les besoins de quelques consommateurs impatients, est déjà suffisamment néfaste pour les conditions de travail du personnel concerné (souvent précaire et sans convention collective) que pour la survie des petits commerces (dont les associations s’opposent aussi à la libéralisation des horaires). Mais c’est aussi un vote de principe. Un vote qui permettra de stopper, probablement pour un bout de temps, la vague dérégulatrice initiée par une poignée d’ultralibéraux, qui tente de saborder petit à petit le droit du travail en commençant par les horaires d’ouverture des magasins, ce qui force, par ricochet, d’autres branches à prolonger leurs horaires (nettoyage, sécurité, transports, livraisons, services financiers, etc.).

La liste de ces très nombreuses tentatives de prolonger les horaires de travail pour instaurer le 24h/24 par petites tranches au cours de ces 8 dernières années est éloquente:

  1. Ouvertures dominicales dans les grandes gares. En vigueur.
  2. Travail dominical et nocturne pour les apprentis dès 18 ans au lieu de 20. En vigueur.
  3. Motion Kurt Wasserfallen, pour autoriser les cantons à fixer jusqu’à 4 ouvertures dominicales supplémentaires par an. En vigueur.
  4. Motion Buttet, pour forcer les ouvertures dominicales dans les «petits commerces» des «régions périphériques». Pendante devant le Conseil national. Serait condamnée par un «non» le 22 septembre.
  5. Motion Christian Wasserfallen, pour harmoniser les horaires d’ouverture à la hausse dans tous les cantons et instaurer deux ouvertures dominicales supplémentaires (retirée au profit de la suivante)
  6. Motion Lombardi pour prolonger les horaires d’ouverture à la hausse dans tous les cantons. Pendante devant le Conseil fédéral. Serait condamnée par un «non» le 22 septembre.
  7. Motion Abate, pour étendre les «zones touristiques», donc les ouvertures dominicales, sans possibilité aucune de référendum (mais à part ça, les partisans du 24h/24 dans les shops prétendent sans rire qu’il est possible de s’opposer dans les urnes à toutes les autres tentatives de déréguler les horaires de travail). Si c’est «non» le 22 septembre, le Conseil fédéral n’aura pas d’autre choix que de mettre cette proposition aux oubliettes.
  8. Motion du groupe vert libéral pour libéraliser les horaires de travail dans tous les magasins de moins 120m2. Pendante devant le Conseil national. Serait condamnée par un «non» le 22 septembre.

Il faut noter qu’il ne s’agit que des objets traités au niveau fédéral. Dans les cantons, les attaques contre les temps de repos sont tout aussi nombreuses, voire plus radicales encore, en témoignent les initiatives du PLR pour libéraliser totalement (vous avez bien lu: totalement), les horaires d’ouverture à Zurich et à Lucerne. Fort heureusement, le peuple a mis clairement le holà à ces délires dérégulateurs.

Il faut enfin relever que certaines de ces propositions, par exemple la motion Buttet ou celle des verts libéraux, font expressément référence à la libéralisation des heures d’ouvertures des «shops», bien que celle-ci n’ait pas encore été votée, arguant qu’elle créerait de la concurrence déloyale en défaveur des petits commerces (ce qui est tout à fait vrai). C’est bien la preuve que chaque petite tranche de salami en appelle une suivante et que chaque nouvelle libéralisation partielle s’appuie sur les précédentes.

Bref, un «non» sec et cinglant au travail 24h/24 cet automne devrait calmer cette frénésie. Et rappeler que le peuple sait faire la part des choses entre intérêts des travailleurs et des petits commerces d’une part et envie de consommer d’autre part.