10/05/2008

Les recettes de l’UDC pour CFF cargo

La «Neue Luzerner Zeitung», relayée par le gratuit du soir «Heute», nous apprenait hier les recettes que l’UDC réserve à CFF cargo. Elles sont à l’image des positions de ce parti: brutales, ultralibérales et irréfléchies. C’est son président de fait, M. Blocher, qui l’annonce en personne: «CFF cargo doit être privatisée». Le conseiller fédéral battu passe bien entendu sous silence les désavantages qu’aurait une telle privatisation: pertes d’emplois, dégradations des conditions de travail et de salaire, privés encaissant de juteux bénéfices grâce à des infrastructures financées par l’Etat à coups de milliards, etc. La privatisation ne suffit d’ailleurs pas au stratège de l’UDC: L’entreprise doit être «déliée de ses cautèles syndicales». M. Blocher est donc ultralibéral jusqu’au bout des ongles et souhaite aussi jeter aux ortilles le partenariat social et les conventions collectives. Ce qu’il avait d’ailleurs fait lorsqu’il dirigeait EMS: Il avait refusé de négocier avec Unia, pour signer une CCT fantôme avec le syndicat chrétien Syna, sage et docile. Il n’en n’est d’ailleurs pas à son coup d’essai. Appelé à s’exprimer devant l’assemblée de la société suisse des entrepreneurs, il l’avait exhorté à dénoncer la CCT du bâtiment. Provoquant la sous-enchère salariale, puis la débâcle patronale que l’on sait.
Mais ces bons conseils ne sont pas distribués sans arrières pensées. M. Blocher le dit tout net : être l’entrepreneur qui reprendrait cargo «le stimulerait et serait une tâche intéressante». Tiens donc. Non content de son bilan de conseiller fédéral qui se résume à des reports de charges sur les cantons et la critique de nos institutions devant un auditoire de pseudo-démocrates turcs, M. Blocher s’en prend maintenant au transfert de la route au rail. Une seule réponse: Giù le mani!