23/07/2010

Des coupes sur le dos des jeunes chômeurs ou comment le rêve de Thomas Daum pourrait devenir réalité

En mai 2006, lors de son entrée en fonction comme patron des patrons, M. Daum avait provoqué un tollé en proposant de diviser par deux les indemnités journalières pour jeunes chômeurs. L’indignation avait alors été grande dans les organisations de jeunesse, mais aussi chez tous ceux qui défendent les intérêts des jeunes générations. 4 ans plus tard, avec la 4ème révision de la LACI, son rêve est malheureusement presque devenu réalité. En tout cas, il a déjà passé comme une lettre à la poste au Parlement. More...La révision de la LACI n’a à la base pas été conçue comme une attaque spécifiquement dirigée contre les jeunes. Mais les mesures discriminatoires sont venues petit à petit:

  • Le projet du Conseil fédéral, qui contenait la division presque par trois les prestations pour les personnes qui achèvent une formation et qui ont été libéré de l’obligation de cotiser, était déjà défavorable aux jeunes en formation. Cette mesure n’est pas dirigée contre une classe d’âge en particulier, mais, par la force des choses, elle concerne avant tout les jeunes.
  • Puis, le conseil des Etats a ajouté une première mesure discriminant les chômeurs en fonction de leur âge en sabordant la notion de « travail convenable » pour les moins de 30 ans.
  • Ensuite, le Conseil national a fait sienne la proposition de M. Daum en divisant par deux le nombre d’indemnités journalières pour les moines 30 ans, faisant fi de la mobilisation des jeunes, qui ont été des centaines à sensibiliser leurs élus par SMS.
  • Les Etats ont certes corrigé le tir en n’appliquant la mesure qu’au moins de 25 ans sans enfants à charge. Mais, même si d’aucun ont prétendu que la chambre des cantons avait «édulcoré le projet», cette dernière n’en a pas moins elle aussi durci sa position ! Il est intéressant de relever le commentaire du rapporteur de la commission Alex Kuprecht (UDC/SZ) qui jugeait la baisse des indemnités des moins de 30 ans «un peu injuste et discriminatoire»!

Nous sommes donc face à une stratégie de discrimination systématique des jeunes, qui, même s’ils cotisent autant que leurs collègues plus âgés, auront droit à moins d’indemnités du seul fait de leur âge. En matière d’assurance sociale, c’est du jamais vu! Ces coupes discriminatoires arrivent en outre à un moment où les jeunes sans emploi ont besoin d’une assurance-chômage solide : depuis une année, le nombre de jeunes chômeurs de longue durée – ceux-là qui pâtiraient particulièrement de la baisse de la durée d’indemnisation – a pris l’ascenseur dans des proportions inimaginable: +133 % (contre +102% chez les 25-49 ans)! D’une manière générale, même s’il a heureusement baissé, le taux de chômage des jeunes reste bien plus élevé que celui des autres catégories d’âge et il a augmenté de près de 60% depuis le début de la crise.

Nous ne savons pas ce que les prochains mois nous réservent, mais une chose est sûre: A chaque fois que le chômage augmente, le chômage des jeunes augmente plus fort et plus vite. Dans ces conditions, s'en prendre de manière ciblée à une des catégories de chômeurs les plus vulnérables (et ce n'est d'ailleurs pas la seule, les chômeurs âgés et de longue durée vont aussi subir des coupes!) est tout simplement irresponsable.

(texte présenté le22 juillet à la conférence de presse du comité des associations de jeunesse contre la discrimination des jeunes dans l'assurance-chômage)

03/03/2010

Loi sur l’assurance-chômage: le Conseil des Etats n’a pas adouci sa position

S’il y a bien une idée qui est tenace en ce moment, c’est que le Conseil des Etats vient de faire une fleur aux jeunes chômeurs, en n’approuvant pas toutes les mesures discriminatoires que le Conseil national leur avait réservé dans le cadre de la révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI). Ainsi, le site de la RSR titrait «Chômage: Les Etats pour un projet édulcoré». Les jeunes chômeurs, dont le nombre a explosé avec la crise (+80%!), peuvent-ils pour autant respirer? Que nenni.

Car si la chambre des cantons a quelque peu revu la copie de la chambre du peuple sur quelques points, elle n’en a pas moins durci sa propre position. Revenons sur l’historique du projet. More...Tout commence par le message du Conseil fédéral, publié en septembre 2008, qui se voulait «équilibré»: 533 millions de diminutions de prestations, 486 millions de recettes nouvelles pour assainir une assurance-chômage qui en a drôlement besoin. Il est vrai que, lors de la précédente révision, la droite a obtenu une baisse des cotisations paritaires de 3 à 2%. Ce qui ne pouvait que conduire à un déficit de financement dont la facture et plutôt salée: près de 10 milliards de francs de dettes. Ce projet était déjà peu favorable aux jeunes: Les personnes libérées de l’obligation de cotiser (en particulier les étudiant-e-s en fin d’études ou les jeunes mères qui retournent sur le marché du travail) voyaient le nombre de leurs indemnité journalières presque divisé par 3. Et, avec l’allongement de la durée de cotisation, bien des jeunes allaient se retrouver avec des prestations réduites.
Lors de la dernière session de juin, le Conseil des Etats a durci ce projet une première fois, en affaiblissant la notion de «travail convenable» pour les moins de 30 ans, afin de pouvoir les obliger à accepter n’importe quel emploi, même s’il n’a rien à voir avec leurs compétences et leur formation.
Puis, le Conseil national a alourdi l’addition en décembre, en introduisant une discrimination supplémentaire pour les jeunes chômeurs de moins de 30 ans: Même si ces derniers ont assez cotisé pour prétendre à 400 indemnités journalières, ils ne devraient plus avoir droit qu’à 260. Et pour les moins de 25 ans sans enfants à charge, le Conseil national a eu la main encore plus lourde: plus que 130 indemnités. Le tout assorti d’un délai d’attente supplémentaire pour les ex-étudiants. La majorité UDC-PLR-PDC justifiait ces coupes en prétendant «que les jeunes chômeurs retrouvent de toute façon plus vite du travail que les autres», sans considération aucune pour l’augmentation massive du nombre de jeunes chômeurs de longue durée (+150% en un an!).
Le dossier est retourné au Conseil des Etats. Et ses décisions sont à des lieues d’un «édulcorage». Les sénateurs ont certes renoncé à quelques-unes des coupes prévues par le national (p. ex. la diminution des indemnités journalières pour les 25-30 ans), mais ils n’en ont pas moins validé plusieurs mesures discriminatoires envers les jeunes qu’ils n’avaient même pas évoquées en première lecture. Ainsi, à l’affaiblissement de la notion de travail convenable a été ajoutée une réduction du nombre d’indemnités journalières de 400 à 200 pour les chômeurs de moins 25 ans. C’est certes 70 jours de mieux que ce qui avait été décidé au national, mais c’est surtout 200 jours de moins que ce qu’avaient décidé les sénateurs en première lecture. En outre, si une mesure du même accabit a été jugée «injuste et arbitraire» envers les 25-30 ans, elle n’a visiblement pas posé de problèmes lorsqu’il s’est agit de l’appliquer aux moins de 25 ans.
Quant au financement supplémentaire de 0.2% décidé par le national, il passe à la trappe. Les Etats ont donc non seulement aggravé les coupes par rapport à leur première décision, mais ils ont en outre refusé d’augmenter la part de nouvelles recettes, faisant surtout porter aux chômeurs le fardeau de l’assainissement de l’assurance-chômage.
Comme on peut le constater, le Conseil des Etats n’a donc en rien adouci sa position. Par rapport à ses propres décisions en première lecture, il a même nettement durci la révision de la LACI. Qui ne pourra désormais plus éviter la sanction des urnes.

01/12/2009

sms-chomage-des-jeunes.ch

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Action sms contre une révision de la loi sur l’assurance-chômage aux dépens des jeunes

Une initiative de la CFEJ, en collaboration avec le CSAJ, l’AFAJ et Infoklick.ch

On t’a dit que tu devais te former.

On t’a dit de bien travailler.

On t’a dit qu’ainsi tu aurais de meilleures chances pour ton avenir.

Tu as fait comme on t’avait dit.

Et malgré tout, tu es au chômage, crise oblige. Et malgré tout, tu as des difficultés à trouver un premier emploi.

Alors tu n’es pas seul-e. Beaucoup de jeunes en Suisse vivent la même situation. Ta génération a été touchée plus fortement par la crise économique. Le manque d’expérience se fait cruellement sentir dans une situation où les emplois se font rares.

[Pour en savoir plus]

 

En temps de crise, même les personnes qui ont fait tout juste se retrouvent au chômage. C’est un fait que certains semblent toujours ignorer.

En effet, l’assainissement de l’assurance-chômage risque de se faire sur le dos des jeunes. Si le Conseil national approuve les propositions de sa commission, les jeunes doivent s’attendre aux détériorations suivantes:

  • Tu dois accepter tout emploi qui se présente même s’il n’a rien à voir avec ta formation. [Pour en savoir plus]
  • En cas de chômage, tu auras droit à moins d’indemnités journalières, même si tu as cotisé régulièrement à l’assurance-chômage. [Pour en savoir plus]
  • Si en raison d’une formation ou parce que tu t’es occupé-e d’un enfant, tu n’as pas pu cotiser à l’assurance-chômage, le nombre d’indemnités auxquel tu as droit est divisé par trois. [Pour en savoir plus]

Le Parlement n’a pas encore pris de décision. Et celui ou celle qui ne dit mot consent!

Les parlementaires sont élus par le peuple. Ils représentent également tes intérêts. Pour ce faire, ils doivent mieux connaître tes préoccupations. Ecris un SMS aux élu-e-s de ton canton ou à ceux que tu connais pour leur dire ce que tu attends d’eux. Le Conseil national traitera la révision de l’assurance-chômage le 8 décembre 2009.

La CFEJ ne demande pas un traitement de faveur pour les jeunes. Elle demande une égalité de traitement. La jeune génération ne mérite pas d’être plus mal traitée que les précédentes. Par cette action, la CFEJ promeut une participation active des jeunes à la vie politique de leur pays.