04/10/2011

Politique fiscale de droite: peanuts pour la classe moyenne!

Malgré le creusement des écarts de revenus et de fortune, malgré les besoins évidents en matière d’infrastructures, de formation ou de sécurité publique, malgré les menaces sur le pouvoir d’achat de la classe moyenne, la droite vaudoise persiste à vouloir baisser les impôts de sa clientèle aisée. Et, comme d’habitude, elle n’a qu’une seule méthode: celle qui avantage le moins les contribuables de la classe moyenne, à savoir la baisse linéaire. Une partie du PLR veut une baisse de 1%, une autre partie, à la remorque de l’UDC, veut 3%. Mais, dans tous les cas, l’immense majorité des vaudois n’y verra que pouic.

Une baisse d’impôt? Quelle baisse d’impôt?

Par exemple, la baisse linéaire de 1% correspond, pour une famille de 4 personnes dont les revenus annuels bruts se montent à 100'000.—Fr.  au montant négligeable… de 50.—Fr. par an (vous avez bien lu: 50.—Fr.! par an!). Un montant si faible qu’aucune famille vaudoise ne verra son pouvoir d’achat croître, surtout pas les quelque 40% de contribuables qui ne paient pas ou très peu d’impôts directs (mais des impôts indirects, ça oui, ils en paient).

Pour améliorer le pouvoir d’achat, il faudra repasser

La hausse des primes d’assurance-maladie (que UDC et PLR ont à maintes reprises refusé de subventionner plus efficacement) aura tôt fait de réduire cette «baisse» à néant. Et il ne faudra pas compter sur la croissance des salaires pour améliorer le pouvoir d’achat, étant donné que, selon l’OFS, ils stagnent de +0,1%...

En revanche, les contribuables aisés que la droite veut soutenir en tireront des bénéfices substantiels et verront leur pouvoir d’achat augmenter. Même s’ils ne s’en servent pas et épargnent la baisse d’impôts, ou l’investissent à l’étranger. Et d’ailleurs, ont-ils réellement besoin de ce coup de pouce, eux dont le revenu disponible a nettement augmenté ces dernières années? On peut en douter…

Interdit de voter sur les contrepropositions intelligentes

Au grand conseil vaudois, c’est la baisse linéaire qui a malheureusement passé la rampe lors du premier débat. Et cette décision est d’autant plus dommageable que, le même jour, la droite à définitivement invalidé l’initiative socialiste «pour un rabais d’impôt qui protège les assurés», qui aurait allégé les contribuables de la classe moyenne qui paient trop de primes d’assurance-maladie. Bref, la droite vaudoise ne se contente pas de faire des fleurs aux contribuables aisés. Elle empêche le peuple de se prononcer sur une proposition de baisse d’impôts bien mieux ciblée et bien plus favorable à la classe moyenne. Mais qu'on ne s'inquiète pas, le PS revient aussitôt avec une proposition en faveur du pouvoir d'achat: la hausse des allocations familiales.

23/11/2010

Pourquoi le Grand Conseil vaudois a eu raison de retoquer l’UDC

L’UDC, dont la présence en Suisse romande provoque décidément l’insécurité et pose de réels problèmes de sécurité publique, a proposé aujourd’hui une résolution demandant de «définir des règles équitables » pour que tous les partis puissent tenir leurs assemblées à l’université. Le Grand Conseil ne s’est pas laissé manipuler par les blochériens et une majorité PS-AGT-LV-AdC et quelques courageux radicaux a refusé cette résolution.

De prime abord, cette elle ne mangeait pourtant pas de pain. Un appel en faveur de la liberté de réunion et à la lutte contre l'arbitraire, quoi de plus normal en démocratie? Venant de l’UDC il ne s’agissait cependant que d’une vaste hypocrisie dont le rejet était nécessaire. En effet, ce parti se signale trop souvent pour son mépris de l’ordre constitutionnel et sa volonté de déstabiliser les institutions pour que son appel à les respecter soit dénué de toute crédibilité.
Ces deniers temps, les manifestations de mépris de l’ordre démocratique Suisse venant des rangs de l’UDC sont en effet légion:
• Des élus de ce parti se permettent, lors d’émissions télévisées, des commentaires grossiers à l’encontre de membres du Conseil fédéral, afin de mettre en doute sa légitimité démocratique.
• D’autres (souvent les mêmes que les premiers, d’ailleurs), s’affichent ouvertement lors d’assemblées de divers mouvements d’extrême-droite ou néofascistes européens (extrême-droite flamande, bloc identitaire) et assument désormais leur proximité avec ces mouvements.
• La politique de ce parti est de plus en plus dirigée contre l’ordre constitutionnel, en particulier la séparation des pouvoirs, comme le rappelait hier cet excellent article du «Temps».
• Dans le canton de Vaud, la totalité du groupe UDC a manifesté ouvertement son mépris pour un organe constitutionnel démocratiquement élu, la Cour de Comptes, en quittant la salle lors de son assermentation.
• Toujours dans le canton de Vaud, le porte parole de l’UDC Suisse Kevin Grangier a tenté de se faire assermenter comme membre des autorités communales d’une commune (La Tour-de-Peilz) où il n’était pas domicilié.

La politique de l’UDC est un poison pour nos institutions démocratiques et notre Etat de droit. Dans d’autres pays, un «front républicain» s’élève systématiquement contre l’extrême-droite. Les nombreuses voix venant des rangs radicaux et AdC laissent espérer qu’une telle attitude est aussi possible dans notre pays.

01/06/2010

Soutien très ciblé à la formation professionnelle supérieure

Il y a quelques mois, la majorité bourgeoise du Grand Conseil rejetait ma proposition en faveur de la formation professionnelle supérieure. Cette motion souhaitait encourager les personnes qui terminent une formation professionnelle initiale (avec un CFC) à poursuivre leur formation, grâce à des bons de 5’000.—Fr. Lors de ce débat, les partis bourgeois n’avaient pas mots assez durs pour contester une proposition selon eux «trop chère» et dont ils craignaient qu'elle ait un effet «arrosoir». Ils l’avaient alors emporté.
Mais voilà que cet après-midi, le Grand Conseil a, à l’unanimité, accepté d’introduire dans la nouvelle loi cantonale sur l’agriculture une disposition (cf art. 13 al. 2 et 3 du projet de loi) permettant à l’Etat de «soutenir par une aide financière les filières de formation supérieure agricole». Cette aide n’est pas limitée (alors que ma proposition était limitée à 5’000.—Fr.) et elle peut «couvrir jusqu’à l’entier des coûts de ces formations, y compris les frais d’examen». Or, ces seuls frais dépassent fréquemment 10'000.—Fr. Cette solution pour les professions agricoles est à saluer. En effet, la formation professionnelle supérieure est suffisamment importante pour notre pays pour mériter un soutien étatique plus intensif. Les personnes en formation méritent également d’être mieux soutenues, car les inégalités face à la formation supérieure sont encore très nombreuses. On ne peut alors que regretter que les velléités des partis bourgeois de soutenir la formation professionnelle supérieure se limitent à la seule agriculture et qu’ils aient refusé une proposition dont aurait bénéficié l’ensemble de l’économie du canton.