14/02/2011

Combien de défaites faudra-t-il aux privatiseurs de l’éducation?

Il faut bien admettre que les partisans de la privatisation de l’éducation au moyen du «libre choix» de l’école (en général flanqué de «bons scolaires» ou «chèque éducation») sont des gens tenaces. Malgré leurs défaites aussi flagrantes que récurrentes, ils lancent initiative sur initiative. Dernière débandade en date: Saint Gall, qui a rejeté hier le «libre choix» par plus de 82% des suffrages. Avant, il y avait eu deux défaites dans une même proportion, à Bâle-Campagne (pourtant considéré comme un terreau favorables aux écoles privées) puis en Thurgovie (pourtant un des cantons où l’UDC – grand chantre des privatisation – est la plus forte), sans oublier la piteuse pétition vaudoise du «lobby parents Vaud», à la base une initiative annoncée à grands renfort de tambours et trompettes, transformée ensuite en simple pétition, car elle n’avait recueilli qu'à peine… le 10ème des signatures nécessaires! Et que le Grand Conseil a nettement rejetée, lui faisant subir le même sort qu’un postulat libéral quelques temps auparavant.

En matière d’éducation, le peuple est donc plus lucide que ne le croient les néolibéraux. Les citoyens ont bien compris que privatiser l’école ne peut que mener à la catastrophe, baisser la qualité de l’enseignement et les conditions de travail du personnel, augmenter les inégalités sociales et les coûts, tout en ne laissant qu’une seule sorte de gagnants: les actionnaires des écoles privées. Cette constatation qui relève du bon sens suffira-t-elle à pousser les privatiseurs de l’école à cesser enfin de s’obstiner?

20/04/2010

Le libre choix de l’école meurt de sa belle mort… mais n’a pas dit son dernier mot.

Ce matin, le Grand Conseil vaudois a nettement rejeté (par 88 voix contre 23) une pétition du lobby parents vaud demandant la privatisation de l’école obligatoire au moyen du fallacieux «libre choix de l’école».

Malgré ce nouveau revers (qui suit bon nombre de défaites cinglantes devant le peuple à Bâle-Campagne et en Thurgovie), les partisans de la privatisation de l’éducation ne baissent pas les bras. L’Alliance du Centre a annoncé vouloir déposer une motion pour que les parents qui inscrivent leur enfant dans une école privée puissent déduire les frais de leurs impôts. Donc les nantis qui choisissent cette dépense somptuaire seraient avantagés fiscalement. Et cette mesure serait d’autant plus inéquitable que, plus le revenu imposable est élevé (c’est en général le cas pour ces parents), plus la déduction permet de réduire ses impôts. Sans compter que cela priverait un peu plus l’Etat des moyens dont il a besoin pour améliorer l’école publique, notamment pour intégrer les enfants en difficulté.

16/09/2009

Le «libre choix» de l’école se prend une nouvelle claque

Le «lobby parent Vaud», suite à l’échec d’une proposition libérale au grand conseil, avait annoncé en grand pompe vouloir lancer une initiative populaire pour privatiser l’école grâce au «libre choix» et au «bon scolaire». Son cuisant échec lors d’un vote populaire (80% de non) à Bâle-Campagne l’avait un peu refroidi et poussé à se contenter d’une pétition. Pétition qui a été déposée hier avec… 1200 signatures à peine! Soit dix fois moins que ce qu’il aurait fallu pour une initiative. En encore, il est plus facile de récolter des signatures pour pétition, car il n’a y pas besoin d’avoir le droit de vote pour signer. En appliquant un taux de «déchet» de 15% (soit le taux habituel de signatures non valables lors d’une récolte pour une initiative ou un référendum), la pétition pour la privatisation de l’école compte à peine un millier de signatures.

Bref, le «libre choix de l’école» en terre vaudoise, c’est râpé. Une fois de plus. L’école publique et démocratique a heureusement encore de beaux jours devant elle.