19/02/2012

Oui au livre, c’est oui aux PME du livre. Et oui à l’emploi.

Il est frappant de constater à quel point «les PME» sont un argument de campagne utilisé à tort et à travers. Vous voulez couler un projet? Prétendez qu’il est «nuisible aux PME», même si tous les indicateurs économiques montrent que tel n’est pas le cas! Vous voulez au contraire faire accepter un projet, même si, comme c’était par exemple le cas de la «réforme de l’imposition des entreprises II», il privilégierait surtout les gros actionnaires des grandes entreprises? Arguez qu’il est «favorable aux PME», et le tour sera joué! D’ailleurs, peu importe ce qu’en pensent réellement «les PME». Cette définition correspond à tellement d’entreprises si différentes que, sur les 300'000 environ que compte notre pays (de 1 à… 249 employés!), il y en aura bien quelques-unes qui vous serviront à valider votre argumentation. Mais il arrive parfois que ceux qui se font les champions des PME, ceux qui pourtant rabâchent à longueur d’année qu’ils parlent en leur nom et ont pour but de les défendre, les négligent totalement, voire même s’engagent clairement contre leurs intérêts. Et contre les organisations représentatives des PME concernées.

Le débat sur le prix unique du livre est assez significatif de cette situation. Le prix unique du livre est clairement favorable aux intérêts des petites librairies. Qui sont des PME. Et dont les associations professionnelles, tant patronales (p. ex. l'association suisse des diffusuers, éditeurs et libraires ASDEL) que syndicales, s’engagent activement dans la campagne pour sauvegarder la branche contre les prédateurs de la grande distribution. Or, plusieurs des grandes associations nationales ou régionales qui se donnent pour missions de «défendre les PME» recommandent de voter non. Et ce contre l’avis des premières concernées, même si… elles sont membres de ces organisations! Ainsi, Payot se plaignait à juste titre la semaine passée de ne pas avoir été consultée par le centre patronal vaudois dont elle est pourtant membre. Le centre patronal a pris parti contre le prix unique du livre, donc contre les intérêts de plusieurs de ses membres et ce sans leur demander leur avis. Dans d’autres organisations, la méthode a été la même: on prétend défendre les PME, mais lorsque leurs intérêts sont en jeu, on les oublie, même si les règles de la démocratie interne à ces organisation voudraient qu’on leur donne au moins la possibilité de défendre leurs arguments. Dans ce contexte, il faut saluer par exemple la position de la Fédération des entreprises romandes (faîtière patronale genevoise), qui a prix position en faveur du prix unique du livre (voir l'extrait de la recommandation de vote). Voilà une organisation faîtière qui respecte ses membres, à plus forte raison lorsqu’ils sont directement concernés par une prise de position.

Si le syndicat Syndicom s’engage lui aussi activement dans cette campagne, c’est parce qu’il défend les intérêts de ses membres qui travaillent dans les librairies. Librairies dont le «libre marché» actuel menace l’existence tout en maintenant des prix trop élevés pour la plupart des livres. Concrètement, il s’agit de près de 4000 emplois dans 1000 PME (librairies et éditeur). En plus de défendre la diversité culturelle, le prix unique du livre protège aussi l’emploi.

Le 11 mars, oui au livre!