13/05/2009

Patrons alarmistes...

Lorsqu'en février dernier, l'USS annonçait son pronostic de 30'000 jeunes chômeurs inscrits d'ici à 2010, beaucoup ont crié à l'alarmisme de mauvais aloi, à l'exagération, à la recherche d'attention médiatique, à la manipulation des chiffres. Quelques mois plus tard, c'est au tour de l'union patronale suisse d'y aller de son pronostic dans l'édition de ce mois de son journal "L'employeur suisse". Selon la faîtière patronale nationale, il pourrait y avoir en 2010 jusqu'à... 43'000 jeunes chômeurs inscrits. Soit 13'000 de plus que le pronostic avancé par l'USS (pronostic basé sur les prévisions - inférieures aux prévisions actuelles - de février 2009 au sujet du taux général de chômage pour 2010). Bref, des chiffres dignes d'une organisation révolutionnaire dont l'unique objectif est de mettre le feu aux poudres.

Alors, alarmisme ou réalisme? Et si on cessait de tergiverser?

05/04/2009

Quelques pistes pour l’emploi des jeunes

Il y a un mois et demi, la commission jeunesse de l’USS tirait la sonnette d’alarme: D’ici la fin de l’année, il pourrait y avoir au moins 10'000 jeunes chômeurs inscrits de plus. Ce qui ferait en tout 30'000 chômeurs inscrits et – vu qu’un jeune sans travail sur deux ne s’inscrit pas au chômage – 50'000 et 60'000 sans emplois de moins de 25 ans. A la pénurie – récurrente – de places d’apprentissage s’ajoute le fait qu’en période de hausse du chômage, les jeunes sont toujours touchés plus vite et plus fort que les autres actifs. En effet, lorsque les entreprises diminuent ou gèlent l’embauche, ce sont les nouveaux arrivés sur le marché du travail qui en font les frais, notamment ceux qui viennent de terminer leur apprentissage. L’annonce d’UBS de ne pas réengager la moitié de ses apprentis (contre 80% en période normale) confirme cette hypothèse.
Ces derniers jours, de nombreuses propositions ont donc été faites pour limiter la hausse du chômage des jeunes ou en contrecarrer les effets. En voici un bref commentaire:More...

•    Subventionner les salaires des apprentis des entreprises en difficulté, pour leur permettre de terminer leur apprentissage. Cette proposition du secrétaire patronal et député libéral-radical Pierre Weiss, faite jeudi passé sur les ondes de la RSR est excellente. En effet, il sera très difficile d’aide les jeunes en rupture d’apprentissage (notamment pour cause de fermeture d’entreprise), car il sera ardu de leur trouver une nouvelle place. Donner un coup de pouce à leur entreprise formatrice leur permettrait de terminer leur formation, pour «affronter» le marché du travail avec un meilleur bagage. Il faudra cependant veiller à ce que cette subvention ne serve pas à maintenir à flot artificiellement une entreprise condamnée. Mais elle doit plutôt servir à permettre à des jeunes de mener leur formation à bien.


•    Subventionner les salaires des stagiaires avec 1000.—Fr. par mois / prise en charge des cotisations sociales des stagiaires par la Confédération. Cette idée du PDC est moins bonne. En effet, les stages professionnels sont déjà largement subventionnés par l’assurance-chômage et il y a déjà suffisamment d’incitations pour engager des stagiaires. Il faudrait plutôt mettre l’accent sur le démarchage des entreprises, pour qu’elles proposent des places. Et doubler, comme le propose l’USS la durée maximale des stages. Mais il faudra faire très attention à ce que ces stages ne se transforment pas en main d’œuvre au rabais. Chaque stage devra être réglé par un contrat de stage, qui fixera des objectifs de formations précis, afin que les stagiaires ne fassent pas tout simplement le même travail qu’un employé qualifié, mais à un salaire moindre (qui plus est subventionné par l’assurance-chômage).


•    Permettre aux jeunes salariés de bénéficier de l’allocation d’initiation au travail (proposition de l’USS). Cette mesure existe déjà, mais est réservée aux chômeurs âgés ou de longue durée. Il faudrait l’élargir pour que les jeunes qui achèvent leur apprentissage, afin que l’assurance-chômage puisse subventionner le salaire de l’ex-apprenti durant une phase de «mise en route» au sein d’une nouvelle entreprise. Cette mesure doit surtout permettre aux ex-apprentis que leur entreprise formatrice ne peut réengager de changer d’entreprise, voir de branche.