07/10/2019

Finances communales : la « facture sociale » se joue à Berne

Bon nombre de communes vaudoises connaissent une situation financière compliquée. Notamment à cause de la fameuse « facture sociale ». Le PLR et l’UDC n’ont donc de cesse de conspuer ces dépenses sociales dont la croissance « sans fin », « étoufferait les communes » et « accablerait les contribuables ». Et tout ça pour des prestations sociales si « généreuses », si « luxueuses » qu’elles « inciteraient au laisser-aller » et ne feraient qu’aggraver les problèmes sociaux. Rien que ça. Et je caricature à peine. La solution que préconise la droite : baisser les prestations sociales. Et tant pis pour les plus faibles de notre société, dont la situation est déjà critique. Pourtant, si l’on examine la situation d’un peu plus près c’est bien la droite, par le truchement de ses élus fédéraux, qui est responsable de la croissance des dépenses sociales à la charge du Canton et des communes.

Ces dernières années, le PLR et l’UDC n’ont en effet pas cessé de couper dans les assurances sociales. Il a y eu les coupes dans l’assurance-invalidité, aussi multiples que brutales. Puis le durcissement de l’accès à l’assurance-chômage pour les jeunes. Puis la suppression de la prolongation des indemnités de chômage pour les chômeurs âgés. Et la suppression de la prolongation des indemnités dans les cantons très touchés par le chômage (Vaud était concerné). A chaque fois, ces coupes n’ont pas permis de faire des économies, car des assurés sont arrivés brutalement en fin de droits et les coûts ont été reporté sur l’aide sociale ou les prestations complémentaires… et donc sur la « facture sociale » (cf. illustration). Ainsi, l’entrée en vigueur des derniers durcissements de l’assurance-chômage a débouché presque immédiatement sur une hausse des personnes au bénéfice de l’aide sociale. Au niveau national, la baisse du nombre des rentes AI a, entre 2005 et 2018, mené à une augmentation presque équivalente (environ 40'000 personnes) des bénéficiaires de l’aide sociale.

capture-decran-2019-10-04-a-09-40-55                         (Source de l’illustration : rapport social vaudois 2017)

Des mesures pour diminuer les dépenses sociales ? Niet !

Par ailleurs, la droite refuse toutes les propositions qui permettrait d’améliorer un tant soit peu les revenus des moins bien lotis ou de boucher les trous du filet social. Voici les mesures auxquelles le PLR et l’UDC se sont dernièrement opposés, bien qu’elles auraient permis de réduire les dépenses sociales et donc d’endiguer la croissance de la « facture sociale » :

  • mesures contre le travail précaire (notamment l’interdiction du travail sur appel), introduction d’un salaire minimum,
  • généralisation de l’assurance perte de gain en cas de maladie, assurance générale du revenu,
  • rentes-ponts pour les chômeurs âgés, prestations complémentaires pour les familles (deux mesures de lutte contre la pauvreté qui ont pourtant fait leurs preuves dans le canton de Vaud),
  • amélioration du droit aux prestations de l’assurance-chômage pour les travailleurs qui reprennent pied sur le marché du travail après une longue maladie,
  • mesures de protection et de réinsertion des chômeurs de plus de 55 ans, qui n’ont souvent aucune chance de retrouver un emploi.

Ces refus ont pour conséquence que des travailleurs précaires doivent faire appel à l’aide sociale (financée par la « facture sociale ») parce que leur revenu est trop bas pour vivre dignement ou s’ils subissent une longue maladie. D’autres travailleurs, notamment les plus âgés, ne retrouvent jamais d’emploi décent, voire d’emploi tout court. Et cette situation perdure une fois à la retraite : comme elles n’ont pas assez cotisé, toutes ces personnes doivent faire appel aux prestations complémentaires (financées par la « facture sociale ») pour pallier leurs lacunes de prévoyance.

Une guerre contre les pauvres qui coûtera cher aux communes vaudoises

Le pire est que ça continue. Ces derniers mois, le PLR et l’UDC ont voté plusieurs mesures qui vont encore augmenter les dépenses sociales à la charge des cantons et des communes :

  • baisse de 25% des rentes pour enfants de l’AI, ce qui augmentera les dépenses des prestations complémentaires (financées par la « facture sociale ») de près de 50 millions de francs par an ! ;
  • accueil à bras ouverts des plateformes numériques comme Uber ou Batmaid qui n’assurent pas leur personnel… et les poussent tout droit vers l’aide sociale (financée par la « facture sociale ») puis les prestations complémentaires (financées par la « facture sociale ») ;
  • restriction du droit de contester un loyer abusif, ce qui entraînera une hausse des loyers et poussera de nombreuses familles vers les prestations à charge de la « facture sociale ».

Heureusement, aucune de ces décisions n’est encore définitive. Mais pour qu’elles ne le deviennent jamais, il faut absolument que le PLR et l’UDC perdent leur majorité au Conseil national. Dans l’intérêt de la population. Et des finances communales.

09/05/2017

L’UDC vaudoise n’est plus agrarienne, mais blochérienne. La preuve par les faits.

Pour tenter de justifier une grande alliance dont elle n’avait pas voulu jusqu’ici, la droite vaudoise s’accroche coûte que coûte à cette certitude : « l’UDC Vaud, c’est l’ancien PAI, une UDC agrarienne et pas blochérienne ». Et les appareils de parti de renchérir : « Si c’était une alliance avec M. Köppel, jamais, mais là, c’est l’UDC vaudoise… ». Peut-être que les auteurs de ces déclarations se disent qu’à force de le répéter, elles finiront par correspondre à la réalité. Ou peut-être que, plus pragmatiquement, ils finiront par y croire eux-mêmes et n’auront donc plus besoin de « se pincer le nez » en s’alliant à l’UDC.

Car il suffit d’examiner les faits pour constater que l’UDC est aussi alignée sur l’UDC suisse pilotée depuis Zurich que toutes les autres sections cantonales du parti blochérien. Et ça fait longtemps que ça dure.

Les prises de positions

Si l’UDC vaudoise était aussi indépendante des mots d’ordre de Zurich qu’elle le prétend, elle ne manquerait pas de prendre des positions différentes sur les objets où une « sensibilité agrarienne » pourrait s’exprimer. Mais, ces dernières années, il est difficile de trouver un scrutin où l’UDC vaudoise aurait émis une autre recommandation de vote que l’UDC suisse ou zurichoise (peu importe, c’est la même chose). Ainsi, l’UDC vaudoise emboîte le pas des autres sections quand il s’agit d’attaquer les bilatérales, de s’en prendre aux droits fondamentaux, de saboter la transition énergétique, de s’accrocher à l’énergie nucléaire, de restreindre le droit à l’avortement ou de nuire aux intérêts des travailleuses et travailleurs.

Ces derniers mois, l’UDC vaudoise s’est distinguée, sans que le parti suisse ne lui demande rien, par des positions que le plus radical des UDC zurichois ne renierait pas : elle a lancé une initiative islamophobe et présenté un papier de position (la tristement célèbre « Voie du bon sens ») dont le contenu n’a rien d’agrarien, mais fleure plutôt le conservatisme d’extrême-droite.

Et tout récemment, lorsque UDC (suisse-zurichoise) et ASIN ont décidé d’attaquer les accores bilatéraux, cette fois-ci clairement et frontalement, pensez-vous que l’UDC vaudoise a fait valoir sa spécificité « agrarienne » ? Que nenni !

Le ton des campagnes

A l’UDC, c’est l’UDC suisse, financée par les milieux d’affaires zurichois, qui mène campagne. Et qui les paie. Quand elle submerge le pays d’affiches détestables, méprisantes, agressives, voire franchement xénophobes, sans oublier ses tous-ménages perclus de fake news, croyez-vous que l’UDC vaud y trouve quelque chose à redire ? Non. Mène-t-elle une autre campagne, plus « modérée », plus « vaudoise » ? Non plus. Au contraire, elle s’accommode visiblement de ces méthodes de campagne fort peu « agrariennes »…

Le vote des élus au Parlement fédéral

Au Conseil national, les élus vaudois sont alignés-couverts sur les consignes de la direction du parti. Et même s’ils prétendent prendre parfois des liberté « afin de défendre les intérêts des paysans », il suffit d’examiner leurs votes en détails pour voire que c’est faux. Ainsi, lorsqu’il s’agissait de voter un postulat pro-TTIP/TAFTA (un accord de libre-échange notoirement combattu par les paysans), tous les UDC vaudois ont voté pour alors que quelques autres élus paysans s’écartaient de la ligne ultralibérale du parti, définie par sa direction proche des milieux d’affaires zurichois. Sur l’AVS, rebelote : alors que les paysans (notamment l’Union Suisse des Paysans) soutiennent « prévoyance-vieillesse 2020 » parce que c’est dans leur intérêt, les seuls élus UDC qui se sont courageusement écarté de la ligne du parti et ne voulaient pas refuser cette réforme n’étaient pas vaudois. Quant au candidat au Conseil d’Etat vaudois Jacques Nicolet, dont toute la droite dit qu’il est « agrarien » et pas « blochérien », il vote à plus de 90% comme le M. Köppel évoqué plus haut, fils spirituel de M. Blocher. Pourtant, chaque élu a le droit constitutionnel de voter comme il le décide personnellement.

Et ça fait longtemps que ça dure…

Lorsque j’étais député, un exemple tragi-comique a démontré qui détermine la politique à l’UDC, jusque dans les parlements cantonaux. En 2008, le groupe UDC au grand conseil vaudois a déposé un postulat demandant au canton de Vaud de « s’inspirer du canton de Zurich qui obtient de bons résultats en luttant contre les abus de l’aide sociale ». Ce à quoi le Conseil d’Etat vaudois a répondu simplement que les méthodes de contrôles développée à Zurich s’étaient inspirées… de ce qui se faisait déjà depuis quelques années dans le canton de Vaud ! Face à cette évidence, le postulat a donc été piteusement retiré quelques mois plus tard…

Or, c’était encore une époque où l’on parlait volontiers d’UDC vaudoise et bernoise, qui résistaient aux velléités blochérisantes de l’UDC suisse. Entre temps, les bernois assument leur blochérisation, eux.

03/05/2017

Le Conseil national adopte la suppression des curatelles imposées vaudoises

Cette fois, presque plus rien ne peut arrêter la fin des curatelles (tutelles) imposées vaudoises. Le Conseil national a adopté aujourd’hui mon initiative parlementaire par le score très net de 140 oui, 6 non (provenant de l’UDC, dont un vaudois) et 22 abstentions (21 UDC et 1 PLR), après un débat très court. Il faut dire que le projet de la commission avait été adopté sans oppositions (8 abstentions UDC) et que le Conseil fédéral le soutenait sans réserve. La consultation avait également été très positive : tous les cantons et les curateurs professionnelles soutenaient ma proposition. D’abord opposé, le canton de Vaud a fini par se rallier, sous l’impulsion de la majorité gouvernementale rose-verte, en particulier de la Conseillère d’Etat en charge du dossier Béatrice Métraux.

La suite de la procédure

Le Conseil des Etats doit encore se prononcer. D’abord, sa commission des affaires juridiques traitera de ma proposition et le plénum de la chambre des cantons devrait pouvoir se prononcer pendant la session d’automne 2017. S’il accepte tel quel le projet adopté aujourd’hui, la votation finale pourra avoir lieu le 29 septembre prochain. Si la commission des Etats ne traite pas tout de suite de l’objet, la votation finale pourrait intervenir à fin décembre. Quoi qu’il en soit, après la votation finale, il faudra attendre l’échéance du délai référendaire de 100 jours, puis le Conseil fédéral pourra fixer la date d’entrée en vigueur, au plus tôt le 1er janvier 2018, plus vraisemblablement le 1 juillet 2018.