11/09/2009

TVA: Pas d'autre choix

web-iv-franz.jpgA gauche, augmenter la TVA ne passe pas comme un lettre à la poste. En effet, cet impôt est peu conforme au principe de l’imposition en fonction de la capacité économique, car il frappe de la même manière celui qui a un haut revenu et celui qui en a un plus modeste. C’est pour cela que les socialistes et les syndicats auraient très nettement préféré un assainissement de l’assurance-invalidité à coup de cotisation salariale. Cela aurait eu l’avantage d’impliquer un peu plus les entreprises dans l’assainissement de l’AI et de leur faire comprendre qu’à force de créer des invalides en augmentant la pression sur les salariés, en prônant la flexibilité du travail ou en excluant un grand nombre de plus de 55 ans du marché de l’emploi, elles génèrent des coûts qu’il faut bien payer.

Malheureusement, syndicats et socialistes n’ont pas été entendus au parlement et augmenter temporairement la TVA s’est avéré être le seul moyen politiquement faisable pour générer les ressources supplémentaires dont l’AI a un urgent besoin.

Car la situation de cette importante assurance sociale est dramatique. Chaque année, l’AI perd plus d’un milliard de francs. Déficit qui n’est pas dû aux «abus», car sinon, l’UDC ne proposerait son propre plan d’assainissement, p. ex. une réduction des rentes destinées aux enfants. Et ce n’est pas tout ; ce déficit s’en vient plomber le capital d’une autre assurance sociale, tout aussi importante: l’AVS. Sans financement additionnel, l’AI risque de se retrouver surendettée à un point tel que le versement des rentes AVS se trouverait lui aussi remis en question. La situation est trop critique pour que l’on tergiverse sur quelques ‰ de TVA, qui seront qui plus est automatiquement annulés en 2017, sauf vote contraire du peuple et des cantons.

En outre, la TVA, s’il est clair qu’elle ne saurait remplacer l’imposition directe ou les cotisations salariales, n’est pas totalement dénuée d’avantages. Tout d’abord, il est presque impossible de la frauder. Ensuite, personne n’y échappe, même les personnes qui ne paient pas d’autres impôts ou ne cotisent pas aux assurances sociales. Ces personnes ne sont donc pas des «citoyens gratuits» comme aiment à les appeler avec un certain mépris de nombreux élus bourgeois. Ainsi, les rentiers, en payant de la TVA sur ce qu’ils consomment, participent eux aussi à l’assainissement de l’AI.

L’urgence de la situation fait que les réticences face à ces quelques quelques ‰ de TVA temporaires doivent être surmontées. Pour la gauche, il ne s’agit pas de se rallier au remplacement de l’imposition directe par l’imposition indirecte, mais plutôt de voler au secours d’une assurance qui participe de manière déterminante à la paix sociale en Suisse.

 

22/11/2008

L'UBS et l'AVS

Avec un titre pareil, je vois déjà venir les critiques: «ça y est, il va encore nous ressortir le coup du «si on peut verser 68 milliards pour l’UBS, on peut bien mettre 800 millions pour l’AVS flexible»…». Encore que cet argument ne soit pas dénué de pertinence, ce n’est pas de ça que je veux parler dans ce billet. Je souhaite plutôt montrer cette publicité, découverte au détour du site internet de la grande banque sise aux îles Caïmans sur la Piratenplatz sur la Paradeplatz.
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Elle montre bien d’une part que la retraite anticipée est d’ors et déjà une réalité (ce qui ne choque pas les adversaires de l’initiative «pour un âge de l’AVS flexible», qui pourtant clament sur tous les toits que «la retraite anticipée menace la santé financière de l’AVS») et d’autre part que la retraite anticipée est un privilège. Un privilège réservé à ceux qui sont déjà privilégiés. Et que l’UBS accueille à bras ouverts.
Aujourd’hui, 4 salariés sur 10 ne sont plus actifs entre 60 et 64 ans. Dans les banques et les assurances par exemple, plus d’un salarié sur deux peut se permettre de partir à la retraite anticipée (contre moins de 15% dans l’hôtellerie ou la restauration…). Pour les uns, la retraite anticipée se passe dans de bonnes conditions (merci, «UBS comfort»!). Pour les autres, elle signifie diminution à vie de la rente AVS, recours aux prestations complémentaires, et restrictions drastiques de la qualité de vie. Et pour beaucoup d’autres, la retraite anticipée n’est qu’un rêve. Pour une AVS flexible enfin ouverte à tous, votons oui le 30 novembre!

Et à ceux qui doutent encore de la capacité du 1er pilier à affronter les changements démographiques, je conseille ce lien.

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